Les effets du stress sur la polyarthrite rhumatoïde

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Les traumatismes ou le stress peuvent-ils déclencher le développement de la polyarthrite rhumatoïde ? Le stress peut-il aggraver la maladie ?

Les recherches portant sur le rôle du traumatisme et du stress dans les maladies rhumatismales suggèrent que les réponses aux deux questions pourraient être oui.

Par exemple, une étude réalisée en 2009 par des chercheurs américains a révélé que les personnes ayant signalé au moins deux événements traumatisants dans leur enfance (y compris la violence physique, psychologique ou sexuelle) avaient deux fois plus de risques de développer une maladie rhumatismale que celles qui n’ayant signalé aucun traumatisme durant leur enfance.

Le stress psychologique peut affecter l’évolution de la maladie

De nombreuses études ont décrit les relations entre le stress psychologique et l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde, y compris les poussées de maladie.

Dans l’une de ces études, des chercheurs de l’Université du Nebraska, aux Etats-Unis, ont analysé les dossiers de 1 522 anciens combattants américains atteints de polyarthrite rhumatoïde.

Ils ont constaté que ceux ayant été également diagnostiqué atteint de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) présentaient des douleurs plus intenses, avaient plus de déficience physique et de douleur articulaire que les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde sans syndrome de stress post-traumatique. Les résultats de l’étude ont été publiés en 2013 dans la revue “Arthritis Care & Research”.

Le stress peut aggraver les symptômes de la maladie

Dans une étude néerlandaise publiée la même année, des chercheurs ont découvert une corrélation entre le stress, les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde et l’activité de la maladie.

Pour essayer de comprendre comment le stress quotidien influe sur les symptômes et l’activité de la maladie, les chercheurs ont recueilli des données auprès de 80 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde une fois par mois pendant six mois.

Les patients ont répondu à des questions sur les facteurs de stress quotidiens (par exemple les longs délais d’attente pour les rendez-vous ou la perte de quelque chose de valeur) et les symptômes de douleur, de fatigue ou lors d’une activité physique.

Les chercheurs ont également prélevé des échantillons de sang pour mesurer les taux de cortisol, l’hormone du stress, ainsi que de cytokines inflammatoires, dont le TNF-alpha et l’interleukine-1 bêta, qui jouent un rôle clé dans la gravité de la polyarthrite rhumatoïde. Certains produits dont l’étanercept (Enbrel) et l’adalimumab (Humira) sont des inhibiteurs du TNF, et l’anakinra (Kineret) est un inhibiteur de la IL-1.

Leurs résultats ont montré que les patients qui ont tendance à être plus stressés ont signalé un peu plus d’activité de la maladie, plus d’articulations enflées et plus de douleur un mois plus tard.

Comprendre le rôle des émotions

Les chercheurs affirment que de tels résultats soulignent le besoin d’études plus poussées sur la façon exacte dont le stress influe sur le processus de la maladie. Selon certains chercheurs, on peut présumer que le stress entraîne des changements dans le fonctionnement neuroendocrinien ou immunitaire.

Les auteurs de l’étude néerlandaise offrent une autre explication possible : parce que le stress affecte le bien-être émotionnel et le comportement, il pourrait entraîner une diminution de l’adhésion au traitement.

Malgré les preuves croissantes que le stress émotionnel peut affecter le système immunitaire, quantifier ou expliquer l’effet du stress sur la polyarthrite rhumatoïde peut être difficile en raison de la subjectivité du stress et de la réaction des gens à différents facteurs de stress.

Certains médecins remettent en question les conclusions de l’étude néerlandaise en particulier, car elle comporterait trop de variables difficiles à mesurer.

Bien que la recherche médicale continue de travailler sur ces questions, il ne fait aucun doute que les patients qui ont tendance à s’inquiéter beaucoup peuvent être aidés par des prises en charge psychologiques comme la thérapie cognitive et comportementale.

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