Les dangers de l’alcool sur le cerveau

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Un verre de vin avec le dîner, une bière après le travail, un cocktail en vacances : L’alcool est profondément ancré dans la culture française et, pour beaucoup d’entre nous, il fait parti de notre vie quotidienne.

Des études suggèrent que l’alcool, lorsqu’il est consommé à des niveaux faibles à modérés, peut avoir certains bienfaits pour la santé. Il peut aussi produire des sensations de bien-être, c’est pourquoi beaucoup d’entre nous se tournent vers l’alcool en période de stress.

Néanmoins, la recherche médicale est également claire sur autre chose : lorsqu’une personne consomme de l’alcool en quantité excessive, cela peut avoir des effets néfastes sur son corps et sur son cerveau, à court terme et de façon permanente.

Certains de ces effets, comme les troubles de la parole et la perte de mémoire, peuvent facilement se remarquer ; d’autres, comme les dommages cellulaires à long terme, peuvent ne pas être aussi évidents à cerner.

Effets à court terme de l’alcool sur le cerveau

La consommation d’alcool modifie les niveaux de neurotransmetteurs dans le cerveau. Ces messagers chimiques transmettent des signaux dans tout le corps et jouent un rôle important dans le contrôle du comportement, des émotions et de l’activité physique.

Pour commencer, l’alcool ralentit le neurotransmetteur GABA, et c’est ce qui entraîne la lenteur du mouvement, la difficulté d’élocution et le ralentissement du temps de réaction chez une personne en état d’ébriété.

Dans le même temps, l’alcool accélère un neurotransmetteur appelé glutamate, qui est responsable de la régulation de la dopamine dans le centre de récompense du cerveau. Cela génère un sentiment de plaisir et de bien-être.

L’alcool diminue également les inhibitions et altère le jugement, ce qui pourrait amener une personne à adopter des comportements à risque comme avoir des rapports sexuels non protégés ou conduire une voiture en état d’ébriété. Si une personne souffre d’un trouble de la santé mentale, comme la dépression ou le trouble bipolaire, cela peut exacerber les symptômes et augmenter les sautes d’humeur.

La consommation excessive d’alcool affecte également le cervelet (qui aide à réguler l’équilibre) et le cortex cérébral (qui est responsable du traitement des nouvelles informations). Lorsque ces régions du cerveau sont ralenties, une personne peut se sentir étourdie, avoir du mal à garder l’équilibre en marchant, avoir une vision floue ou double, et avoir de la difficulté à prêter attention aux choses qui se passent autour d’elle.

La région de l’hippocampe du cerveau (qui aide à créer de nouveaux souvenirs) est également affectée par l’alcool, ce qui contribue aux pertes de mémoire à court terme.

Dans les cas les plus extrêmes, une consommation excessive d’alcool, trop rapide, peut entraîner une perte de conscience. La perte de conscience peut entraîner des dommages cérébraux qui peuvent avoir des effets négatifs à long terme sur l’apprentissage et la mémoire.

La plupart de ces effets sont causés par une hausse de la teneur en alcool dans le sang sur une courte période de temps. Prendre des pauses entre deux consommations et s’assurer de ne pas boire l’estomac vide peut aider à réduire les effets de l’alcool sur le cerveau.

Effets à long terme de l’alcool sur le cerveau

La consommation excessive d’alcool peut vous exposer à des risques d’accident ou de mauvaises décisions qui peuvent avoir des conséquences durables sur votre vie.

Selon une étude publiée en 2008 dans “Archives of Neurology”, une consommation excessive d’alcool sur une longue période de temps peut réduire le volume du cerveau. L’étude a révélé que les personnes qui consommaient plus de 14 verres d’alcool par semaine sur une période de 20 ans avaient un cerveau 1,6 % plus petit (une mesure du vieillissement du cerveau) que celles qui n’en consommaient pas.

Selon une étude publiée en 2014 dans la revue Neurology, une consommation excessive d’alcool pourrait également accélérer la perte de mémoire chez les personnes âgées, du moins chez les hommes.

Les hommes de l’étude qui consommaient plus de deux verres et demi d’alcool par jour présentaient des signes de déclin cognitif jusqu’à six ans plus tôt que ceux qui ne buvaient pas, qui avaient cessé de boire ou qui étaient des buveurs légers ou modérés. (Les résultats pour les femmes n’étaient pas concluants, disent les auteurs).

Les gens qui boivent régulièrement de l’alcool peuvent aussi remarquer qu’il n’a plus les mêmes effets sur eux qu’avant. En effet, avec la consommation chronique d’alcool, le système de récompense du cerveau peut s’user et perdre une partie de son fonctionnement normal : on devient alors tolérant à l’alcool, et au bout d’un moment, on ne se sent plus aussi bien qu’avant avec la même quantité d’alcool.

Ces changements dans le cerveau incitent également les gens à modifier leur comportement face à l’alcool. Ils sont beaucoup plus enclins à se servir de l’alcool pour faire face à leurs sentiments négatifs.

Souvent, quand les gens commencent à boire, ils boivent pour se sentir bien, mais lorsqu’ils boivent de façon plus chronique, ils doivent boire pour éviter de se sentir mal.

Cela conduit à des niveaux de consommation de plus en plus élevés, ce qui peut causer des dommages plus importants au cerveau et au reste du corps. L’alcool tue les cellules et endommage les réseaux cellulaires du cerveau, par exemple, et on ne sait pas exactement dans quelle mesure elles peuvent se régénérer.

Les dégâts dans les réseaux cellulaires du cerveau peuvent aussi être causés par la cirrhose du foie, une autre complication courante de la consommation excessive et prolongée d’alcool.

Les dommages au cerveau (et à l’organisme) liés à l’alcool peuvent même être mortels : d’après une étude, les personnes qui consomment régulièrement 10 verres ou plus par semaine ont une espérance de vie d’un à deux ans plus courte que celles qui en consomment moins de cinq par semaine.

Ce nombre passe à quatre ou cinq ans pour ceux qui consomment 18 verres ou plus par semaine. Les chercheurs de l’étude ont observé que la consommation d’alcool est liée à divers types de problèmes cardiovasculaires, y compris les accidents vasculaires cérébraux.

Comment savoir si l’on boit trop d’alcool ?

Pour de nombreuses personnes qui n’ont pas d’antécédents de dépendance ou d’accoutumance, une consommation faible ou modérée (pas plus de 7 verres par semaine pour les femmes et pas plus de 14 par semaine pour les hommes) peut être parfaitement acceptable pour la santé.

Néanmoins, si votre réaction à l’alcool est différente de celle des autres, il est peut-être temps de réexaminer votre relation avec l’alcool. Par exemple, si vous voyez vos amis laisser de l’alcool dans leurs verres et que vous savez que vous ne pourriez jamais faire la même chose, ce sont des signes que vous pouvez être à risque de développer une dépendance.

Certaines personnes peuvent n’avoir aucun mal à contrôler leur consommation d’alcool, tandis que d’autres, en raison de leur génétique, de situations de vie stressantes ou d’autres facteurs de risque, peuvent avoir de la difficulté à respecter ces limites.

Il est important de garder cela à l’esprit, car de nombreux chercheurs ont observé une prévalence accrue des troubles liés à la consommation d’alcool et de la consommation excessive d’alcool au cours des dernières années, principalement chez les femmes.

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